07.03.2012

Yukio Mishima

« Je crois très profondément que les vieux seront

éternellement laids et les jeunes éternellement beaux. Je

crois que la sagesse des vieux est éternellement ténébreuse et

que les actions des jeunes resteront transparentes à jamais.

Plus on vit et plus on empire. En d'autres mots, l'existence

humaine n'est qu'un parcours à l'envers de décadence et de

déclin ».



Yukio Mishima, 1966.

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19.02.2012

J'offre ma coupe vide où souffre un monstre d'or!

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"Kinder-kathechismus"
WWV106B (version de 1874)
Choeur Vivaldi-Ipsi
Petits Chanteurs de Catalogne.
Chef du Choeur : Òscar Boada
Direction : Gueràssim Voronkov


 

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Maximilien avait des tendresses de Page...

Villem Kapp - Symphony No. 2 




 

 

Lendemains bitureux - Fête du personnel : hier, Maximilien a accepté le jeu social, ses connivences et compromis jusqu'à descendre deux bouteilles d'un Rosé étrange coupé à l'Ennui.

Cernes mauves, cheveux lourds, et le temps épais, et les pas indécis en terre étrangère. Maximilien vieillit; le ciel est d'un gris froissé, le sol froid, ondulant; le plafond mou, grésillant - ou peut-être n'est-ce que son ventre qui grommelle alors que la tête (la sienne?) oscille de gauche à droite dans un bruit de grelots. Maximilien bougonne, jure qu'on ne l'y reprendra plus et c'est curieux comme les mots ont mauvais goût; il les mâche, les recrache aussitôt, grimaçant en blanc Majeur. Evidemment, les pensées en berne, il se dit tel le quidam: "Oui, à vingt ans, c'était moins dur" ... A 20 ans? Mais se souvient-on encore de ses 20 ans? De toute manière, c'était toujours mieux "Avant" - raison pour laquelle de Kehlmark aime tant la musique: elle dit l'Avant magnifié avec ses sons, ses couleurs kaléidoscopiques; elle sait aller chercher loin les souvenirs, pas nécessairement ceux de Maximilien d'ailleurs...

Ce matin, tête en vrac, Maximilien a écouté Villem Kapp, musicien estonien (1913-1964). Musique fraîche, si fraîche comme une eau de source... Lendemain de cuite, avons-nous dit... Maximilien n'est pas fait pour la Vie : parlant au Passé, il lui faut l'Imparfait pour toucher à la Perfection.

17.02.2012

Promenade.

Ce matin, à travers Nice sous le ciel bleu, d'un bleu louisdeuxien, indifférent aux grimaces de ses contemporains, allumant à chaque pas feutré les cierges du Bonheur, Maximilien écoutait cette musique, Langgaard, sa Onzième, et il a ri, ri de Joie, de Vie, cambré, ambré, âme et coeur - Hourra! Gloria in Excelsis Meo!... s'est-il écrié, poing dressé, avant de glisser sur un tract de Jean-Luc Mélenchon, nez sur le trottoir - et son âme, et son coeur...


 

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Rued Langgaard: Symphony #11 "Ixion", BVN 303

 Thomas Dausgaard, Danish National Radio Symphony Orchestra

 


16.02.2012

Seul ou presque parmi les Ruines...

Rued Langgaard: Symphony #6 "Heaven-storming", BVN 165

Thomas Dausgaard, Danish National Radio Symphony Orchestra

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En vain je fais brûler les myrrhes consacrées...

 

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Anton Bruckner
Symphony N° 6
München Philharmoniker Orchester
Dirigent: Sergiu Celibidache


Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !

Paul von Klenau - Symphony No. 1 in F Minor (1908)

Conducted by Jan Wagner with the Odense Symphony Orchestra. 


 

Le Danemark a compté plus de symphonistes au XXème siècle qu’aucun autre pays au monde, ce qui explique que certains, et des plus grands, n’aient encore qu’une reconnaissance confidentielle. Dans le cas de Paul von Klenau, les liens qu’il entretint avec l’Allemagne expliquent qu’il fut regardé avec une certaine suspicion dans sa patrie d’origine, où il ne revint s’installer que durant les sept dernières années de sa vie sans que son talent de compositeur soulève un quelconque enthousiasme, les deux dernières de ses neuf symphonies étant demeurées manuscrites. Après un disque de quatuors et un premier volume de l’œuvre symphonique, le label Dacapo paraît décidé à combler cet oubli.


Tant que les fils de sa biographie n’auront pas été dénoués, Paul von Klenau restera un personnage des plus énigmatiques : élève de Ludwig Thuille et de Max von Schillings, il produit dès 1908 une Première symphonie triomphale dans la descendance de Bruckner, et devient dans les années 1920 un défenseur de Schönberg (dont il dirige les œuvres) et un des intimes de Berg. Il adopte sa propre version d’un dodécaphonisme sous influence tonale dont on dit qu’il aurait laissé sa trace sur le Concerto à la mémoire d’un ange. Au plus fort du national-socialisme triomphant, il parvient à faire jouer deux opéras basés sur le système des mélodies de douze sons, abusant les autorités allemandes à force d’articles où il compare le sérialisme au système politique du IIIème Reich ! A la lecture de la partition de sa Sonate en fa mineur, on s’aperçoit qu’il n’y a aucune armure à la clé (au lieu des quatre bémols attendus en fonction de la désignation tonale) et que sa série dodécaphonique évolue effectivement dans un système qui exclut l’atonalité au profit d’harmonies qui apparaissent aujourd’hui comme archaïsantes et modales, au sein d’un langage à la fois gauche et moderne.

 

Après un long passage à vide (sa Symphonie n°5 enregistrée par Dacapo (8.224134) avec les mêmes interprètes dans le volume précédent ne dure qu’une douzaine de minutes) c’est ce même système qu’il emploie dans la Septième symphonie, écrite au Danemark en 1941 et sous-titrée Sturmsymphonie, quoiqu’il insiste sur le fait que cette tempête n’a aucun sens programmatique par rapport au temps de sa composition. Monothématique (et donc cyclique) toute l’œuvre, qui respecte la distribution classique en quatre mouvements, est basée sur une série de douze notes fortement empreinte de la tonalité de ré mineur. De cet ensemble de règles auto-définies résulte une ambiance assez indéfinissable, une solennité austère et angoissée, aux tournures presque médiévales qu’on prendrait pour du Karol Rathaus dans le beau mouvement lent ou au cœur du scherzo qui le prolonge malgré la rupture des fanfares un peu vaines qui l’encadrent. Il n’est pas certain que dans ces parties cuivrées l’Orchestre d’Odense soit à son meilleur et Jan Wagner a peut-être choisi un tempo un peu lent qui a tendance à fondre l’œuvre dans un mouvement uniforme : mais la remarque ne saurait porter puisqu’il s’agit d’une version unique (et dont la mise sur le marché parait déjà dater d’une dizaine d’années). Une œuvre étrange, parcourue d’effets réussis (le traitement des bois particulièrement) entre des blocs assénés parfois de façon monolithique, et qui suscite une curiosité qui ne sera pas totalement satisfaite par le reste du disque consacré à des œuvres de 1916 à 1923, dans un style romantique tardif très différent de ce qu’on entend dans cette Symphonie n°7. Malgré une surprise et une adhésion superficielle à première écoute, la partition peut vite devenir entêtante, grâce au caractère hypnotique de ses formules répétitives.

 

 

Fred Audin

http://classiqueinfo-disque.com


 

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Paul von Klenau - Symphony No. 7 "Storm Symphony" (1941)

Conducted by Jan Wagner with the Odense Symphony Orchestra. 


 

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13.02.2012

Étonné et languissant, l'été sourit dans le rêve mourant du jardin...

 

Mahler - Lieder eines fahrenden Gesellen (Jansons, Skovhus)


 

La Composition

A Cassel où à partir de l'automne de 1883, il occupe son premier poste important de chef d'orchestre, Mahler s'est épris d'une cantatrice du Théâtre, la soprano Johanna Richter. Liaison orageuse, comme toutes celles qu'il a vécues, et que trouble sans cesse la crainte du scandale qui, dans un théâtre de province, eût été sans doute fatal à l'un comme à l'autre. Tout ce que nous savons de cet amour est ce que Mahler révèle, à mots couverts, à son ami Fritz Löhr dans les lettres qu'il lui adresse à cette époque. C'est à lui qu'il annonce, le 1er janvier 1885, qu'il a écrit pour elle "six Lieder", dont nous sommes presque certains aujourd'hui qu'il s'agissait seulement de poèmes. Les manuscrits des deux premiers ont subsisté, et portent la mention : décembre 1884. La musique, elle est légèrement postérieure, mais il est impossible de la dater avec précision. Le cycle définitif ne comprend que quatre chants. Le manuscrit original est pour l'instant inconnu, mais il en existe un dans la collection Rosé qui paraît remonter aux années 1880 et sur lequel figure le titre: "Histoire d'un compagnon voyageur (fahrenden Gesellen), en quatre chants pour une voix grave avec accompagnement d'orchestre". Une autre page titre, qui paraît plus récente, est libellée "Rapsodie en quatre poèmes". Bien qu'elle fasse elle aussi mention d'un accompagnement orchestral, sa partition proprement dite fut certainement achevée plus tard, vers 1891-1892, et révisée en 1896, peu de temps avant la première audition.

La version pianistique que l'on entend habituellement est celle que Mahler lui-même a publiée chez Weinberger en 1897. Le plus surprenant est qu'elle diffère sur de nombreux points de détail de la version orchestrale parue la même année et chez le même éditeur. Dès le début, la notation rythmique des quatre premières mesures n'est pas identique dans les deux partitions. Plus loin, il existe une ou deux différences importantes, et cela jusque dans les parties vocales. C'est donc la version originale de 1884-1885 que l'on entendra, et qui, en tant que telle, mérite d'être connue.

Le Titre

Le mot Gesell signifie en vieil allemand "compagnon de table" (Saal: salle, maison; le mot Gefährte signifie, lui, "compagnon de voyage"). Plus tard, le mot Gesellen désignera les ouvriers, apprentis ou manoeuvres agricoles qui parcouraient l'Allemagne en cherchant du travail. Pourtant, le sens du mot français "compagnon" prêtant à confusion, la traduction usuelle "Chants du Voyageur" nous paraît meilleure, même si elle est moins exacte, que celle de "Chants d'un compagnon errant" que l'on lit en général.

Les Poèmes

Bien que Mahler n'ait pas fait inscrire son nom dans les différentes éditions des Lieder eines fahrenden Gesellen, il est de toute évidence l'auteur de trois au moins des poèmes. Quelques années après sa mort, on devait retrouver dans le Knaben Wunderhorn l'origine du premier texte, Wenn mein Schatz Hochzeit macht. Cette découverte allait poser une énigme, apparemment insoluble, puisque le compositeur a affirmé n'avoir eu que bien plus tard la révélation du recueil d'Arnim et Brentano, en fouillant dans la bibliothèque de ses amis Weber à Leipzig en 1888. Peut-être Mahler s'est-il souvenu, consciemment ou inconsciemment, d'un chant populaire de son enfance, ou bien l'a-t-il lu dans un journal ou dans une anthologie autre que le Wunderhorn? Quoiqu'il en soit, l'utilisation des deux poèmes de l'anthologie, qui ont été amalgamés dans le premier chant, prouve à elle seule que le compositeur s'est déjà livré à une étude approfondie du style de la poésie populaire allemande.

On retrouve dans les poèmes des Gesellen Lieder, comme dans le Poisl Lieder de 1880, un des thèmes littéraires favoris du romantisme allemand: celui du héros déçu, victime innocente de la destinée, qui erre sans but et recherche au loin, l'apaisement de ses peines. Mahler lui-même ne s'est-il pas fréquemment senti, comme son fahrender Gesell, exilé dans un monde cruel, monde de duperies et d'apparences trompeuses? Le contraste entre la beauté de la nature et le désespoir d'un cœur humain représente un autre thème d'élection des poètes romantiques. Du point de vue musical, le cycle comporte quelques Leitmotive mahlériens, tels le grupetto de la première mesure, la quarte ascendante ou descendante, ainsi que la sixte mélodique ascendante. La prédominance des rythmes de marche se confirmera bientôt dans tout l'œuvre mahlérien. Elle caractérise également le genre du Wanderlied dont le modèle suprême reste la première pièce du Voyage d'hiver de Schubert.

Les Premières Auditions

Ging' heut' morgen über's Feld fut créé peut de temps après sa composition lors d'un concert de bienfaisance donné par Mahler le 18 avril 1886 dans le jardin d'hiver du Grand Hôtel de Prague. Betti Frank, cantatrice au théâtre de Prague, accompagnée par Mahler au piano, fut vivement applaudie et la critique du Prager Tablatt fut particulièrement élogieuse.

Mais il faudra attendre le 16 mars 1896 à Berlin, pour que le cycle complet soit créé, dans sa version orchestrale révisée par Mahler. Ils sont interprétés par le baryton hollandais Anton Sistermans, accompagné par l'Orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Mahler. Au cours de ce même concert la Première Symphonie fut interprétée pour la première fois dans sa version révisée, et Mahler dirigea également le premier mouvement de la Seconde Symphonie, encore intitulé Todtenfeier.

Mahler accompagnera de nouveau au piano les Lieder eines fahrenden Gesellen en 1907 à Berlin puis les dirigera une dernière fois en 1910 à New York. 


http://gustavmahler.net.free.fr

Semper fidelis

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 Anton Bruckner (Ansfelden, 1824 -- Vienna, 1896)
Symphony No. 7 In E Major( mi maggiore) II. Adagio. Sehr feierlich und sehr langsam
Münchner Philharmoniker (Orchestra), dir.Sergiu Celibidache


12.02.2012

Dans de sombres caveaux, Maximilien a longtemps rêvé...

Paul GRAENER / Symphony No. 2 "Wiener Sinfonie" 

Heinz DREWES/Grosses Orchester  des Senders Berlin (RRG, ca. 1943)


Paul GRAENER /Die Flöte von Sanssouci, Suite, op. 88

Paul Graener/Berliner PO (Paul Bose, soloflöte) / 1933.

 

Paul Graener

Compositeur, chef d'orchestre et pédagogue allemand (Berlin 1872 – Salzbourg 1944).

Directeur du Mozarteum de Salzbourg (1910-1913), successeur de Max Reger comme professeur de composition au conservatoire de Leipzig (1920-1924), directeur du conservatoire Stern à Berlin (1930), il devint en 1933 vice-président de la chambre de musique du Reich, dont il dirigea de 1935 à 1941 le département  Compositeurs . Dans un style postromantique, il a écrit de nombreuses œuvres instrumentales et orchestrales, parmi lesquelles une "Symphonie en ré mineur" , les " Variations pour orchestre sur un chant populaire russe" , la suite d'orchestre "Die Flöte von Sanssouci"  et 6 quatuors à cordes, ainsi que des opéras, dont les plus célèbres furent "Don Juans letztes Abenteuer"  (1914) et "Friedemann Bach" (1931).